jeudi 29 janvier 2009

Un weekend au coeur de l'Indochine

L'arrivée se fait a l'aéroport de Siem Reap. A la descente de l'avion une odeur d'encens et de fleur de frangipanier ainsi qu'un temps sec aux alentours de 30C m'accueillent et m'annoncent que ce séjour sera agréable. Pour mémoire il fait -5C en ce moment a Busan.
Après avoir rempli quelques documents et payé 20 dollars, j'obtiens mon VISA d'entrée. Un taxi m'attend, il est 9h du matin, je file a l'hôtel.
Je n'avais rien organisé mais tout se fait très bien, le frère de mon taxi-driver est lui-même conducteur de tuk-tuk. Un coup de fil est passé et le tuk tuk est arrangé.
Juste le temps de faire le trajet jusqu'à mon hôtel, prendre un douche, enfiler un short et sortir les lunettes de soleil.
C'est parti pour la visite.

Le site d'Angkor "est l'ancienne capitale de l'Empire Khmer qui prospéra du IXe au XVe siècle. Ses ruines sont classées au patrimoine mondiale de l'humanité par l'Unesco."
Retrouvez toutes les infos sur Angkor ici.

Le site est énorme et mérite que l'on s'y attarde au moins 3 jours. Le point positif est qu'il ne s'agit pas que de simples ruines et de pierres éboulées, mais que la plupart des temples sont encore très bien conservés pour plusieurs raisons.
1) Les temples sont tous fabriqués sur le même modèle, représentant le Mont Meru, le centre du monde et la maison des dieux dans la mythologie Hindoue.
D'après la légende, ce Mont Meru serait haut de 450 000 km, serait situé sur une mer ou au bord d'un lac et entouré de chaînes de montagnes.
C'est pourquoi comme on le voit sur la photo ci-dessus tirée de Wikipedia, les temples ont tous cette architecture commune, d'un temple en forme de montagne entouré de murs et d'immenses douves. Et c'est donc ce qui a permis au cours des siècles de préserver ces temples de l'envahissement de la jungle et de la destruction progressive.

2) Bien que certains arbres géants aient réussi a s'incruster et a se développer dans des endroits improbables, le site n'a jamais été complètement laissé a l'abandon.

D'abord des moines bouddhistes ce le sont appropriés en détournant certaines sculptures de Vishnou (dieux Hindou) vers des représentations de Bouddha, puis plus tard des explorateurs ont entrepris la protection et la restauration du site.




Ce n'est que durant les années "Khmers Rouges" (voir mon article précédent) que le site est resté inaccessible au reste du monde et qu'il fut pillé de manière méthodique. Aujourd'hui les œuvres subsistantes, qui ne font pas parti de la structure même des temples, se trouvent au musée de Siem Reap.

Ici je suis devant Angkor Vat, le Principal temple du site d'Angkor, de part ses dimensions, sa majesté, son intégrité, la qualité de ses sculptures... C'est donc le plus connu et celui qui prend le plus de temps a visiter. Compter 2h de visite + 1 heure pour flâner dans le parc.

Sortir du circuit normal de la visite est extrêmement conseillé et peut vous permettre de découvrir le temple sous un angle diffèrent tout en croisant quelques moines et singes!

Les sculptures dont je parlais plus haut, ne peuvent échapper à l’œil puisqu’elles sont massivement présentes et sont un des atouts principal d’Angkor.

Prendre le temps de la description nécessiterais quelques heures sur ce blog, et donc autant d’heures en moins à jouer a la WII !!
En bref, ces sculptures représentent principalement des scènes de la vie quotidienne ainsi que des retranscriptions de croyances et légendes, comme par exemple des combats légendaires entre les dieux hindous et les démons…
Une chose est sure, il est bien agréable de passé du temps à flâner dans les temples et à essayer de décrypter ces bas-reliefs, pour une grande partie encore en bon état.
En voici quelques exemples :
Pour ne pas me dégoûter des vieilles pierres et voir une partie plus "vivante" du pays, j’ai choisi de passer une demi-journée à Tonlé-Sap, dont les premières berges se trouvent a 40 min de Siem Reap en tuk-tuk.

Ce lac-rivière qui s’étire du nord au sud du pays est la plus grande réserve d’eau douce d’Asie du sud-est. Sa capacité varie de 2700 km2 en période sèche a 16000 km2 durant la mousson.
Dans cette zone vivent de nombreuses communautés Vietnamiennes. En effet, d’après les infos recueillies sur place, il semblerait que les vietnamiens puissent immigrer et vivre au Cambodge très facilement, mais puisque qu’ils ne sont propriétaire d’aucune terre, ils sont obligé de vivre dans les villages flottants sur le lac.






La ballade sur le Tonlé-Sap me procure un sentiment de gêne puisque que cela revient a se balader en bateau tout en regardant ce que les gens font chez eux, et le coté voyeur me dérange un peu.

Mais finalement il y a toujours un coté voyeur a vouloir être témoin de la vie quotidienne d'autrui. J’ai donc essayé de dépasser le stade du simple voyeurisme en montrant un réel intérêt ainsi que du respect pour ces familles.

Tout au long du fleuve, on peut découvrir successivement école, hôpital, site de réparation de barques, terrain de volley, petit marché. L'école et l'hôpital affiche tout deux une pancarte remerciant l'aide internationale pour la construction des édifices.
Les enfants jouent au volley sur les berges, pêchent de petits poissons dans les eaux boueuses ou s'amusent tout simplement dans l'eau.
Les familles se rassemblent dans le bateau qui leur sert de maison et quelques hommes préparent des tas de bois sur le toit de leur embarcation.
La vie se passe tout doucement, et personne ne prête attention a nous!

Au cours d'un stop a une buvette, je propose au conducteur de ma barque, un ado de 15 ans qui parle bien anglais, de lui payer un Coca. Très gêné il me demande si je suis sur, alors je lui confirme que oui il peut choisir une canette et boire un coup avec moi. Il accepte avec un grand sourire et me lance un "you very friendly tourist".
Voila comment se faire plaisir réciproquement avec une canette de Coca.

A la fin de ces trois jours passés au Cambodge, mon sentiment est que bien que ce pays soit sous-développé (que j'utilise volontairement a la place de "en voie de développement"), les Cambodgiens affiche une fraîcheur, une liberté, j'aimerai pouvoir dire une joie de vivre, mais je ne peux aller jusque la tout de suite! Peut être un deuxième séjour confirmera ce sentiment!
Une chose est sure, j'affiche un grand respect pour ces Cambodgiens qui reviennent de loin (Voir mon article précèdent) et qui ont désormais tout a rebâtir.
Bien heureusement l'aide internationale est la, et des actions des gouvernements étrangers sont menées avec brio.
Pour exemple, "Artisans d'Angkor" est une association développée en partenariat avec le Ministère des affaires étrangères Français. Elle a pour mission de recruter et former des jeunes artistes (sculpteurs, peintres, graveurs, doreurs...) en se focalisant sur les méthodes artisanales ancestrales Khmers ayant servies lors de la construction des temples d'Angkor.

Les pièces fabriquées par les élèves et artisans sont ensuite vendues dans le magasin.
Un peuple retrouve son art presque perdu, des jeunes trouvent un travail et les touristes repartent avec de véritable souvenirs Made in Cambodia et non pas Made in China comme c'est maintenant le cas un peu partout.
Très belle visite des ateliers a réaliser. Un bel exemple d'association durable et beau symbole pour le Cambodge.

Plus d'infos sur cette organisation ici.

(Toutes photos sur mon site FlicKr en lien)

2 commentaires:

Thierry a dit…

C'est un très bel article ca ! Et un magnifique reportage. Merci à toi ! A+

Juliette a dit…

Bon il faut definitivement qu'on aille faire un tour la bas...